31 mai 2017

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[FSSPX Actualités] Fraternité Saint-Pie X : 23 prêtres ordonnés cet été

SOURCE - FSSPX Actualités - 31 mai 2017

Les ordinations sacerdotales de la Fraternité Saint-Pie X pour l'hémisphère nord se dérouleront le 29 juin 2017 à Ecône (Suisse), le 1er juillet à Zaitzkofen (Allemagne) et le 7 juillet à Dillwyn (Etats-Unis).

Le 29 juin 2017, en la fête des saints apôtres Pierre et Paul, au séminaire d’Ecône (Suisse), Mgr Alfonso de Galarreta ordonnera 12 nouveaux prêtres pour la Fraternité Saint-Pie X : onze Français et un Espagnol.

Le 1er juillet 2017, en la fête du Précieux Sang, au séminaire du Sacré-Coeur de Zaitzkofen (Allemagne), Mgr Bernard Tissier de Mallerais ordonnera 2 nouveaux prêtres pour la Fraternité Saint-Pie X : un Allemand et un Tchèque.

Le 7 juillet 2017, en la fête des saints Cyrille et Méthode et premier vendredi du mois, au séminaire Saint-Thomas d'Aquin de Dyllwin (Etats-Unis), Mgr Bernard Fellay, Supérieur général, ordonnera 9 nouveaux prêtres, tous Américains.

Au total, 23 nouveaux prêtres seront ordonnés cet été pour la Fraternité Saint-Pie X.

Fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, la Fraternité Saint-Pie X a pour but "le sacerdoce, tout ce qui s'y rapporte et rien que ce qui le concerne" (Statuts). Six séminaires internationaux, implantés en Suisse, Allemagne, Etats-Unis, France, Argentine et Australie, forment les aspirants au sacerdoce. Les études ecclésiastiques visent à donner une science suffisante en même temps qu'une piété profonde, orientées vers "la liturgie de la sainte Messe qui est le cœur de la théologie, de la pastorale et de la vie de l'Eglise" (ibid.).

[Céline Hoyeau & Mélinée Le Priol - La Croix] Les lefebvristes français restent sur leurs gardes

SOURCE - Céline Hoyeau & Mélinée Le Priol - La Croix - 31 mai 2017

Un accord entre Rome et les héritiers de Mgr Marcel Lefebvre, trente ans après son excommunication, pourrait être annoncé d’ici cet été. Cette perspective suscite chez les fidèles proches de la Fraternité Saint-Pie-X des réactions mitigées.

À la mi-mai, Saint-Nicolas-du-Chardonnet était en ébullition. L’abbé Patrick de La Rocque, curé de cette emblématique église du centre de Paris, occupée par les traditionalistes depuis 1977, venait d’être relevé de ses fonctions par ses supérieurs de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) avec six autres responsables de la Fraternité. En cause, leur opposition publique au récent texte du Vatican reconnaissant les mariages entre fidèles lefebvristes.

Un énième épisode symptomatique des crispations provoquées par la perspective, plus réelle que jamais, d’une réconciliation avec Rome. Le Vatican pourrait en effet accorder prochainement à la FSSPX une prélature personnelle, cadre juridique très souple sur le modèle de l’Opus Dei : la Fraternité ferait alors partie de la structure hiérarchique de l’Église sans toutefois être circonscrite à un territoire comme les diocèses.

Même parmi ceux qui voient d’un plutôt bon œil une telle réintégration, les inquiétudes sont vives. « Une fois qu’on sera rattaché à Rome, aura-t-on la même liberté ? », interroge Caroline, paroissienne de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. « Nos écoles pourront-elles continuer, sans toujours devoir demander des autorisations à l’évêque du lieu… Ne nous donne-t-on pas une prélature pour nous empêcher de faire ce qu’on veut ? »
« Plus le temps passe, plus les écarts se creusent »
« Méfiance », « risque », « danger » : ces mots reviennent souvent dans la bouche de Thomas, fiscaliste en entreprise, qui fréquente lui aussi Saint-Nicolas-du-Chardonnet. S’il se dit partisan du ralliement conduit par Mgr Bernard Fellay, le supérieur de la FSSPX, ce trentenaire redoute que la main tendue par Rome soit « un prétexte pour nous faire rentrer dans le rang ». Pour autant, estime-t-il, la FSSPX n’a « rien à perdre ».

« Plus le temps passe, plus les écarts se creusent, et si l’on attend trop, on va aboutir à un schisme réel. Pour moi, ce serait trop douloureux. Si l’on considère que l’Église reste l’épouse du Christ, s’en séparer n’a pas de sens. » Thomas craint aussi que la Fraternité devienne à terme une entité marginale, sans chef ni autorité. « Mgr Lefebvre ne voulait pas qu’on reste trop longtemps à l’écart, sous peine d’être gagnés par un esprit sectaire », renchérit Caroline.
Elle-même souhaite cet accord, mais constate que beaucoup, autour d’elle, sont déstabilisés par la figure du pape François, qu’elle juge pour sa part « inattendu » et « surprenant ». « Il tend la main à tout ce qui est à l’écart mais ses idées très progressistes sont bien éloignées de la ligne de Mgr Lefebvre. » En cause, l’œcuménisme prôné par le pape et l’exhortation apostolique Amoris Laetitia. « Chez nous, les catholiques de tout temps, on a maintenu l’infaillibilité du mariage », s’offusque Caroline.
Des réfractaires surtout en France
Si ces craintes sont bien réelles, les réfractaires à un accord avec Rome ne semblent représenter qu’une minorité, cantonnée au district de France. En Allemagne, en Suisse ou aux États-Unis, les négociations sont suivies favorablement, et une pétition lancée voici près de deux semaines en plusieurs langues, contre l’accord portant sur les nullités de mariage, n’a recueilli que 500 signatures dans le monde.

Pour Marie-Alix Doutrebente, paroissienne de Notre-Dame de Consolation à Paris, ce sont les « derniers soubresauts » de quelques prêtres qui résistent d’autant plus que l’accord est proche… La majorité, aux yeux de cette femme qui a collaboré à la fondation, il y a 20 ans, d’un groupe de dialogue informel entre catholiques des deux bords, est dans l’attente d’un heureux dénouement. « Pour nous, les fidèles, c’est une vraie souffrance depuis quarante ans. Nous aspirons à retrouver notre place dans l’Eglise et prier sur les mêmes bancs. »
Montrer à l’Église le droit chemin
Les esprits sont plus mûrs également, rappelle-t-elle, depuis la publication du motu proprio, il y a dix ans, par lequel Benoît XVI a libéralisé la messe tridentine. « Beaucoup de familles qui ne fréquentaient que les chapelles de la Fraternité Saint-Pie-X suivent aujourd’hui aussi la messe à l’Institut du Christ-Roi ou dans les paroisses diocésaines où elle est célébrée selon la forme extraordinaire. »

Une fois réintégrés et « dédiabolisés » comme ils disent, les lefebvristes affirment cependant vouloir montrer à l’Église le droit chemin. « Nous n’avons rien changé à la doctrine de toujours, veut croire Caroline. La Fraternité pourrait rendre à l’Église un grand service en lui apportant cette rigueur dans la foi. Et nos nombreuses vocations religieuses pourraient bénéficier à tous les catholiques. » Un retour, peut-être, mais, semble-t-il, sans rien céder sur le fond.
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Trois évêques français reconnaissent les mariages de la Fraternité Saint-Pie X 
L’archevêque de Strasbourg Mgr Luc Ravel est devenu mercredi 31 mai le troisième évêque français à appliquer la lettre de la commission Ecclesia Dei du 27 mars dernier concernant les mariages dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). 
Après Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, et Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Ravel va donc donner à certains prêtres de la FSSPX dans son diocèse la délégation nécessaire pour bénir ou recevoir les consentements du mariage. 
Cette autorisation est un pas de plus vers le retour des lefebvristes dans la pleine communion de l’Église catholique : cette dernière ne reconnaissait pas, jusqu’ici, les mariages célébrés par un prêtre de la FSSPX.
Céline Hoyeau et Mélinée Le Priol

30 mai 2017

[Paix Liturgique] Summorum Pontificum permet aux fidèles de se fortifier dans la foi

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 596 - 30 mai 2017

Venu présenter à Paris son dernier livre On ne plaisante pas avec les sacrements (éditions Artège, mai 2017), don Nicola Bux, ancien consulteur des Congrégations pour la Doctrine de la Foi et du Culte divin (1), a donné, le dimanche 21 mai, une très belle homélie en l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile, où il célébrait la grand-messe. Nous vous la proposons accompagnée de nos habituelles réflexions.

I – L’HOMÉLIE DE DON NICOLA BUX
Visitáre pupíllos et viduas in tribulatióne eórum, et immaculátum se custodíre ab hoc sǽculo. [Iac. 1, 22-27 - Visiter les orphelins et les veuves dans leurs épreuves, et se garder purs de toute souillure de ce monde.]Exívi a Patre et veni in mundum: íterum relínquo mundum et vado ad Patrem.[Ioann. 16, 23-30 - Je suis sorti du Père pour venir dans le monde, et je quitte ce monde pour aller vers le Père.]
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Comme le manifestent bien ces deux versets de la liturgie de ce cinquième dimanche après Pâques, toute notre vie terrestre doit être orientée vers les choses du Ciel.

Dans notre vie de chrétiens, ceci se manifeste en particulier à travers les sacrements. Vous avez, la semaine dernière, eu la joie de célébrer les confirmations de trente-cinq de vos baptisés et je voudrais en profiter pour souligner combien, eu égard &ag rave; la situation présente de l’Église, il est important d’offrir la forme extraordinaire du rite romain dans la vie ordinaire des paroisses, comme vous le faites ici à Saint-Eugène-Sainte-Cécile depuis plus de 30 ans et comme l’encourage depuis 10 ans le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI.

En Italie, mais aussi sans doute en France, la confirmation est trop souvent devenue le sacrement de l’adieu à l’Église. Pourtant, la confirmation nous confère l’empreinte indélébile de l’Esprit sur nous et devrait nous conforter dans la militia Christi, le témoignage public du Christ. Pour la liturgie antiochienne, ce sacrement est le bouclier de la foi et le casque invincible contre toutes les machinations du prince de ce monde. L’onction chrismale sert &ag rave; renforcer l’action de la grâce et la foi baptismale en nous, c’est pourquoi il est bon, comme cela était le cas jadis, qu’elle soit conférée au plus tôt : au plus tôt nous nous lions à l’Église – la confirmation grave en nous un caractère d’appartenance, une connotation ultérieure par rapport au baptême – et au plus tôt, grâce à la force ultérieure de l’Esprit Saint, nous pourrons répandre la foi par notre parole et par nos œuvres.

Saint Ambroise explique : « Dieu le Père t’a marqué, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis dans ton cœur le gage de l’Esprit. » Saint Thomas rappelle que le confirmé reçoit le pouvoir de professer publiquement la foi chrétienne, presque comme une charge officielle. La confirmati on est le sacrement pour le combat spirituel et non la décoration après la bataille, quoi qu’en pense quelque théologien moderne...

Le sacrement de la confirmation est étroitement associé au baptême et à l’eucharistie : ensemble ils servent à la bataille, parce que, comme dit saint Ambroise, la vie est une lutte : ubi certamen, ibi corona, « Où est le combat, là est la couronne ». La vie chrétienne en tant que combat est une image patristique qui convient très bien à la théologie des sacrements, spécialement à ceux de l’initiation.

Dans la préface que le cardinal Sarah a bien voulu donner à mon livre sur les sacrements, il compare les sacrements à la médecine de l’âme : «&nb sp;Comment peut-on seulement imaginer se moquer de la présence de Dieu ? Comment est-il possible de plaisanter avec les sacrements, qui sont les signes efficaces – nous pourrions dire les médicaments, surtout le médicament de l’immortalité qu’est l’eucharistie – pour guérir des plaies du péché et nous redonner la santé ? (…) Ne pas plaisanter avec les sacrements, poursuit Son Éminence, signifie, avant tout, mettre le Sacrement des sacrements au centre, le Saint-Sacrement, inexplicablement déclassé aujourd’hui, au nom d’un fantomatique conflit des signes : on dit que le tabernacle ne peut être sur l’autel où le Seigneur se fait présent dans la messe. La même chose s’est produite avec la croix. Au contraire, le tabernacle, et plus particulièrement la croix, fournit l’orientation Ad Dominum [Vers le Seigneur], si indispensable en cette époque, dans laquelle beaucoup voudraient se passer du Seigneur, ou vivre comme si Dieu n’existait pas, afin de faire tout ce qu’ils veulent. »

Vous qui avez la grâce de vivre votre foi au rythme de la liturgie traditionnelle, vous savez combien la liturgie est vaine et superficielle si elle ne contemple pas la présence réelle de Notre Seigneur Jésus-Christ. Parce qu’elle rappelle à l’homme d’aujourd’hui que la liturgie, à l’image de nos vies, ne peut qu’être christo- et théo-centrée, la forme extraordinaire du rite romain doit être toujours plus connue, diffusée et célébrée.

Nous devons rendre grâces à Benoît XVI du don du motu proprio Summorum Pontificum qui permet à tant de fidèles de se fortifier dans la foi, à tant de vocations sacerdotales et religieuses de s’épanouir et à tant de jeunes de s’approcher du mystère eucharistique. 10 ans après Summorum Pontificum, nous pouvons reprendre les mots de l’alors cardinal Ratzinger pour le 10ème anniversaire du motu proprio Ecclesia Dei, en 1998 : « La présence de l’ancienne liturgie ne trouble ni ne menace en aucun cas l’unité mais est un don destiné à conforter le corps du Christ duquel nous sommes tous les serviteurs. »

En ce mois de Marie, que Notre-Dame veille sur la liturgie traditionnelle, que Notre-Dame veille sur votre communauté de Saint-Eugène-Sainte-Cécile et qu’elle nous guide, par son cœur immaculé, à une dévotion toujours plus grande envers la présence r&e acute;elle et efficace de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les saints sacrements de l’Église.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Professeur de liturgie orientale et de théologie sacramentelle pour l’archidiocèse de Bari-Bitonto, don Nicola Bux est l’un des grands promoteurs du thème de la « réforme de la réforme » inspirée par les travaux de Joseph Ratzinger. Auteur de La réfo rme de Benoît XVI, la liturgie entre tradition et innovation (Tempora, Artège, 2009) puis de La foi au risque des liturgies (Artège, 2011), il publie donc aujourd’hui, toujours chez Artège, cet ouvrage au titre éloquent : On ne plaisante pas avec les sacrements. Tandis que le journaliste Vittorio Messori, auteur de L’Entretien sur la foi avec le cardinal Ratzinger (Fayard, 1985) en avait préfacé l’édition originale italienne, Con i sacramenti non si scherza (Cantagalli, mars 2016), c’est le cardinal Robert Sarah, Préfet du Culte divin, qui signe la préface de cette version française. Soulignons que l'une des particularités des travaux de don Nicola Bux, est de les soumettre souvent au prisme de la liturgie orientale, dont il est un bon c onnaisseur (2).

2) En mars 2016, la présentation à Rome de l'édition originale du livre avait représenté un tel événement que nous lui avons consacré notre lettre 538, du 14 avril 2016. Les cardinaux Sarah et Burke présentaient le livre, aux côtés de l’ancien président de la banque du Vatican, Ettore Gotti Tedeschi. Quatre autre cardinaux (Farina, Saraiva Martins, De Paolis et Brandmüller) étaient assis au premier rang d’une salle comble. Étaient en outre présents Mgr Viganò, ex-nonce apostolique aux États-Unis, Mgr Marchetto, qualifié par le Pape François de « meilleur herméneute de Vatican II », Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, Mgr Laise, ancien &eacute ;vêque de San Luis, en Argentine, grand défenseur de la communion sur les lèvres, et plusieurs autres prélats.Comme lors des conférences du cardinal Sarah, on notait la présence de nombreux jeunes prêtres enthousiastes parmi l'assistance. Les débats, ordonnés notamment par le correspondant de Paix liturgique à Rome, furent attentivement suivis. Il faut dire que le livre, qui traite de la redécouverte du caractère sacré des sacrements par la réaffirmation des droits de Dieu dans la liturgie, sortait en librairie alors que la question de l’accès aux sacrements occupait tous les esprits. 48 heures plus tard, le Pape François publiait en effet l’exhortation apostolique Amoris lætitia...

3) Dans son sermon, don Bux a mis en valeur un remarquable thème théologique évoqué dans la préface de son livre par le cardinal Sarah : le caractère médicinal des sacrements. Il s'agit d'un développement éminemment thomiste – tous les sacrements, comme les soins du Bon Samaritain de la parabole, s’adressent à une nature humaine profondément blessée par le péché originel et les autres péchés – que la théologie contemporaine, par peur de la peur que provoquerait le péché, a tendance à occulter. L’eucharistie, sacrement de la vie, qui contient le Dieu vivant, est le suprême médicament pour l’âme, qui la conduit à l’immortalité, en continuant à guérir des plaies du péché pansées par le sacrement de la pénitence. Pour illustrer la centralité absolue de la sainte eucharistie dans la vie chrét ienne, don Bux cite souvent le déportement des tabernacles hors de l’autel majeur, survenu dans les églises paroissiales depuis la réforme liturgique. Rappelons que l’un des grands combats liturgiques de la Contre-Réforme, et de saint Robert Bellarmin en particulier, fut de redonner, par se signe monumental dressé sur l’autel, le sens de la présence infiniment transcendante – et qui se fait cependant toute proche – de Jésus dans le sacrement de l’autel. Avec finesse, don Bux, sorte de missus du cardinal Robert Sarah, lie cette disposition du tabernacle avec le sens liturgique naturel de la cérémonie, orientée vers la croix, vers le Seigneur.

4) Évoquant le sacrement de la confirmation, Nicola Bux a aussi pris parti avec discrétion dans le débat relancé récemment en France sur l’âge d e la confirmation. L’évêque de Dijon, notamment, Mgr Roland Minnerath, suggère que la confirmation soit éventuellement donnée avant la première communion, selon l’ordre antique des sacrements dit de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation eucharistie), partant du constat que seule une petite minorité de jeunes et d’adultes reçoivent encore aujourd’hui le sacrement de confirmation (3). « Il est bon, comme cela était le cas jadis, qu’elle soit conférée au plus tôt », approuve don Bux, se référant à l’ancienne pratique romaine d’une confirmation donnée à de jeunes enfants : « Grâce à la force ultérieure de l’Esprit Saint, nous p ourrons répandre la foi par notre parole et par nos œuvres ».

5) Bien sûr, c’est surtout l’importance du motu proprio Summorum Pontificum qu'a saluée le prélat italien devant les fidèles parisiens : la forme antique de la liturgie permet à de nombreux de fidèles de se fortifier dans la foi ; elle est de manière évidente semence de nombreuses vocations sacerdotales et religieuses. Et de citer Benoît XVI : non seulement, elle ne menace pas l’unité, mais elle la conforte. Tant il est vrai que, si la grâce, la res, de l’eucharistie est l’unité du Corps mystique, l’expression la plus pure et la plus forte du sacrement-sacrifice, celle donnée par la messe traditionnelle, ne peut qu’être un puissant instrument d’unification de l’Église. Et po ur être plus précis, en cette époque de désintégration du corps ecclésial, la messe traditionnelle est un grand moyen de réunification de l’Église.
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(1) Il fut aussi consulteur du Bureau des Célébrations liturgiques du Souverain Pontife sous Benoît XVI.
(2) Don Bux est archimandrite de l’Église catholique chaldéenne.
(3) Au point que, contre toute règle canonique, en France, on a cessé d’exiger que les candidats au mariage soient confirmés.

28 mai 2017

[FSSPX Actualités] Etats-Unis : l'évêque de Madison demande de communier sur la langue

Monseigneur Morlino a récemment
célébré le Saint Sacrifice ad orientem.
SOURCE - FSSPX Actualités - 28 mai 2017

Le 11 avril, Mgr Robert Morlino, évêque de Madison, aux Etats-Unis, a demandé aux catholiques de son diocèse de recevoir la sainte communion à genoux et sur la langue.

Dans son sermon lors de la messe chrismale du Jeudi Saint, Monseigneur Morlino a commenté les propos du cardinal Sarah concernant la « crise de foi » actuelle. Revenant sur les mots du cardinal, l'évêque a déclaré : « Cette crise est une crise de la prière, car, comme on croit, on prie. La foi et la prière ne peuvent jamais être séparées. Et quelle est la prière la plus importante ? La Messe ! »

L'évêque estime que l'un des principaux moyens pour développer la foi est le respect pendant la messe. Il a demandé aux prêtres de son diocèse d'encourager les gens à recevoir la communion sur la langue et à genoux.

Selon le Père Richard Heilman, sur le blog Roman Catholic Man, Monseigneur Morlino a déclaré : « Je vais demander que nous nous mobilisions pour un plus grand respect lors de la réception de la sainte communion. Je vais demander que les fidèles soient encouragés à recevoir la communion sur la langue et à genoux... Il ne fait aucun doute que la communion sur la langue est plus révérencieuse. Et cette forme ne se prête pas à un comportement désinvolte. Je vais demander, qu’à partir de l'automne, nos élèves apprennent à recevoir la communion sur la langue. »

Monseigneur Morlino a été l'un des premiers évêques à répondre à l'appel du cardinal Sarah pour célébrer ad orientem. Il a également fait remettre les tabernacles sur les autels principaux des églises du diocèse. Bien qu'il ait malheureusement demandé aux fidèles de son diocèse de ne pas assister aux messes de la Fraternité Saint-Pie X, de peur d’adopter ce qu'il a appelé « une mentalité schismatique », il célèbre lui-même souvent la messe traditionnelle et l'a encouragée dans son diocèse.
La communion sur la langue : une tradition apostolique

Communion dans la main : un compromis face aux abus ?

« La pratique consistant à recevoir la communion dans la main n'a pas été requise par le concile Vatican II et n’a pas non plus été introduite en réponse à la demande des laïcs », affirmait le cardinal Ranjith en 2008. Au contraire, déclarait-il, cette pratique de piété établie - recevoir l'eucharistie à genoux et sur la langue - a été changée « de manière incorrecte et précipitée ».

De fait, cette pratique abusive a commencé à se répandre dans les milieux catholiques au début des années 60, principalement en Hollande. Comme cela se propageait après Vatican II, à partir de la Hollande, en Belgique, en France et en Allemagne, le pape Paul VI fit faire une enquête auprès des évêques du monde entier, afin de connaître leurs opinions sur le sujet. Le 28 mai 1969, la Congrégation pour le Culte Divin, après avoir examiné les réponses des évêques, publiait sa conclusion : « D'après les réponses reçues, il est clair que, de loin, le plus grand nombre des évêques estiment que la discipline actuelle [c.-à-d., la sainte communion sur la langue] ne devrait pas être modifiée du tout ; en effet, si cela était changé, cela offenserait la sensibilité et le jugement spirituel de ces évêques et de la plupart des fidèles » (Memoriale Domini, 28 mai 1969).

Cependant, Paul VI fit un compromis avec les évêques désobéissants et, au vu de « la gravité de la situation », il n’autorisa pas la Communion dans la main, mais il accorda un indult (exception à la loi) sous les conditions suivantes :
  • L'indult ne pouvait être donné à un pays où la communion dans la main n'était pas déjà une pratique courante ;
  • Dans les pays où l’indult serait accordé, les évêques devaient approuver la pratique "par un vote secret et à la majorité des deux tiers".
De plus, le Saint-Siège établit sept règles concernant la communion dans la main. Le non-respect de ces règles pourrait entraîner la perte de l'indult. Il était demandé de :
  • Respecter ceux qui continueraient la pratique traditionnelle (recevoir la communion à genoux et sur la langue) ;
  • S’assurer du respect pour l'Eucharistie ;
  • Renforcer la Foi en la présence réelle.
Une fois la porte ouverte cependant, l’indult devint la norme pour la communion des laïcs.
Pression aux États-Unis
La communion dans la main a été officiellement autorisée aux Etats-Unis en 1977, sous la pression et en raison de la manipulation de l'archevêque Joseph Bernardin, alors président de la Conférence nationale des évêques catholiques (NCCB). Incapable de réunir la majorité des deux tiers, il collecta « les votes des absents », de tous les évêques qu'il put trouver, y compris ceux qui, retraités, n'administraient plus de diocèses.

Aujourd'hui, la Conférence épiscopale des Etats-Unis indique clairement que la communion peut être reçue dans la main ou sur la langue, décision qui doit être prise par celui qui communie, et non par le ministre qui la distribue.
Perte du respect envers l'Eucharistie
Les règles établies par Paul VI comme conditions pour jouir de l'indult ont surtout été ignorées. La pratique abusive a entraîné les manques de respect et les blasphèmes habituels, et donc la diminution (si ce n’est la perte) de la foi en l'Eucharistie en raison de la corrélation entre action et pensée : lex orandi, lex credendi.

Pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, il est temps que les évêques prennent des mesures pour supprimer cette pratique offensante et abusive, qui est devenue la norme à la faveur d'un indult accordé par faiblesse et sans contrôle.

[Abbé Michel Simoulin, fsspx - Le Seignadou] On continue !

SOURCE - Le Seignadou - juin 2017
Pendant plus de 20 années, j’ai occupé des postes d’autorité: recteur, directeur, prieur-doyen, supérieur… Par la grâce de Dieu, depuis 2004 je suis en position de réaliser que je ne suis pas plus malin que les autres et de voir les choses avec plus de détachement. Quand on est supérieur, on risque facilement de croire qu’on a nécessairement raison, et, si l’on a un tempérament scrupuleux, pessimiste, méfiant, inquiet, susceptible, voire prétentieux ou arrogant – ce qui est un signe de médiocrité – , on peut même en venir à donner des leçons à ses propres supérieurs ! Et j’ai appris à redouter ce faux-pli intellectuel qui porte à considérer que tout autre supérieur est nécessairement dans l’erreur quand son jugement est différent !

Pourquoi vous confier cela ? Parce qu’il m’est arrivé de me tromper lorsque la crainte de me tromper (ou l’humilité) ne se mêlait pas à mes réflexions et à mes choix ! Je n’en suis pas spécialement fier mais cela m’a rendu peut-être plus prudent (à défaut d’humilité !) Mais ce retour en arrière m’a remis en mémoire certains souvenirs.

Je me souviens par exemple que, dans les débuts, Monseigneur encourageait ses prêtres à chercher des curés de paroisse disposés à les accueillir pour les mariages et recevoir les consentements, afin d’éviter les risques de contestation. Il nous est arrivé à tous de procéder ainsi, et nul n’y a trouvé à redire.

Ou encore, alors que j’étais tout jeune sous-diacre, j’avais accompagné Mgr Lefebvre aux obsèques de sa belle-sœur. Monseigneur avait hésité puis choisi d’assister à la messe (nouvelle) avant de donner l’absoute. Quelques jours plus tard, dans certains bulletins paraissait un article : Rallions-nous ! L’exemple vient d’en haut ! Née de l’église Conciliaire par Mgr Charrière, le 1er novembre 1970, dans le diocèse de Fribourg, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) retourne aujourd’hui à l’église Conciliaire !  Son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, donnait un bel exemple, le 30 juin 1980 en participant « activement » au rite Conciliaire... etc… Rien de nouveau sous le soleil !

Un autre souvenir plus récent est celui de certaines réflexions d’un vénérable correspondant, évoquant le thème trop connu de la communion à l’Eglise spirituelle, à la foi de l’Eglise sans nécessité de recours à la communion hiérarchique. C’est ce que les hétérodoxes de la fin du Moyen-Âge réclamaient et que le Concile de Constance a condamné en Jean Huss. Selon saint Thomas d’Aquin et ses meilleurs commentateurs, comme la nécessité n’a pas de loi, si le cas de nécessité se présente, la loi de l’Eglise n’empêche plus que le prêtre absolve même sacramentellement, dès lors qu’il a la puissance des clefs. C’est ce que l’on nomme la suppléance de l’Eglise : Ecclesia supplet. Mais quand nous parlons de l'Eglise, il s’agit de l’Eglise non séparée de sa tête visible. Cette suppléance de juridiction ne s’exerce que par la relation essentielle que tout ministre doit entretenir dans l'Eglise au moins avec le chef suprême.

Se dispenser du lien avec Pierre, vivre et agir comme s’il n’existait pas, reviendrait à se priver de ce pouvoir de suppléance.

Bref, je ne veux pas vous assommer avec mes souvenirs, mais ils font partie de la formation de mon esprit, sans doute limité et moins éclairé que d’autres… ce qui me préserve de vouloir donner des leçons à mes supérieurs.

Cela dit, j’observe que les actes de Jean-Paul II avec l’indult de 1984 et Benoit XVI avec le motu-proprio de 2007, qui avaient pour objet de reconnaître que la Messe Tridentine n’avait pas été abrogée et d’en permettre donc la célébration, souffraient d’un profond illogisme, en accordant la faculté de cette célébration à ceux qui ne contestent pas les doctrines du Concile Vatican II. Pourquoi illogisme ? Parce que la fidélité à la messe est intrinsèquement liée à la fidélité à la doctrine dont elle est l’expression et le rempart : Trente et sa Messe, ou Vatican II et sa messe. Le choix doit être total pour être cohérent. Et l’indult de 1984 était déjà incohérent : Qu’il soit bien clair que ces prêtres et ces fidèles n’ont rien à voir avec ceux qui mettent en doute la légitimité et la rectitude doctrinale du Missel Romain promulgué par le Pape Paul VI en 1970 et que leur position soit sans aucune ambiguïté et publiquement reconnue. C’est l’illogisme du fameux nullam partem, que ne démentira pas le motu-proprio de 2007. Si nous refusons le NOM, ce n’est pas parce qu’il est moins beau, ou pour une histoire de latin ou d’orientation, mais bien parce que, comme l’affirmait le Bref examen critique de 1969 : le nouvel ORDO MISSAE s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu'elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les "canons" du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte l'intégrité du Mystère.[…] II est évident que le nouvel ORDO MISSAE renonce en fait à être l'expression de la doctrine que le Concile de Trente a définie comme étant de foi divine et catholique. Il n’est pas possible de séparer la Messe et la doctrine, et il est illogique de se contenter de la Messe sans combattre les doctrines qui la contredisent ! Certains s’en accommodent, je le sais, mais c’est une attitude boiteuse, qui ne fut pas celle de Mgr Lefebvre et n’est pas celle de la Fraternité. Alors, que Rome nous fasse quelques faveurs nous est agréable, mais cela ne peut pas nous satisfaire, et tant que Rome n’acceptera pas de nous donner une doctrine conforme à la Messe que nous célébrons, celle qui n’a jamais été abrogée, nous attendrons des heures plus favorables pour cesser notre résistance.

Quant à François, ses arguments sont différents, et ses actes sont d’une tout autre nature. En fait, il n’a pas d’arguments, et bouscule tout à son gré : doctrine, morale, droit canon, etc.  La situation est vraiment inédite et théologiquement absurde : « malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint Pie X », il est reconnu que nous avons le droit de faire ce que nous faisons depuis quarante ans sans rien changer dans nos positions ! Bref, cela sous-entend, sans le dire, que l’état de l’Eglise est tel que nous pouvons administrer les sacrements validement ; c’est ce qui s’appelle l’état de nécessité, qui fonde la juridiction de suppléance !

Car le plus anormal est bien dans le fait que le pape n’a rien changé à ce que nous sommes : il ne nous a rien concédé, mais il dit aux fidèles que nos confessions sont valides (ce qui revient à admettre l’état de nécessité) et il dit à présent aux évêques qu’ils peuvent nous « concéder des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ».

Pour faire cela, il n’invoque que son désir « d’éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle ». Il s’agit donc d’une disposition en faveur des fidèles, et non d’un droit nouveau accordé à nos prêtres ! Ces actes ne sont en rien le fruit d’un accord quelconque entre Rome et la Fraternité, mais sont des actes unilatéraux, non sollicités ni obtenus par quelque manœuvre secrète. La Fraternité en a été informée comme tout le monde, par la presse ! Et leur raison d’être est clairement affirmée : il s’agit du bien des âmes, et non de la situation de la Fraternité ! Il est clair, et, en cela François est logique, qu’il espère que cela nous conduira à une régularisation institutionnelle, mais cela n’est pas inscrit dans les actes eux-mêmes.

Certains évêques, dont celui de Carcassonne et celui de Fréjus ont déjà suivi les indications de Rome en accordant à nos prêtres la faculté de célébrer les mariages, et je ne vois pas comment nous pourrions nous opposer à cela ! Pour demeurer purs de toute compromission, faudrait-il retourner son décret à notre évêque ? Dire à nos fidèles que nos confessions ne valent rien, puisque leur validité est admise par le Pape ?

Ne soyons pas idiots à force de vouloir être plus intelligents que les autres, et admettons que la situation est simplement absurde sans nous être défavorable : alors que nous sommes « hors-la-loi » nos sacrements sont reconnus valides et conformes au droit de l’Eglise ! Nous sommes toujours dans une situation d’illégitimité, mais compétents ! L’état de nécessité perdure et Rome n’y change rien mais déclare que ce que nous faisons en raison de cette nécessité correspond au droit de l’Eglise ! Certes, Rome souhaite que nous nous adressions aux évêques, et reconnaissions ainsi qu’il n’y a plus de nécessité, mais cela ne trompera personne : l’état de l’Eglise est chaque jour plus désastreux !

Tout cela a été clairement rappelé dans l’analyse du document faite par nos supérieurs le 8 avril 2017 : Cet état de grave nécessité dans l’Eglise n’a pas disparu. Il ne s’agit pas d’en nier la terrible réalité. […] Pour toutes ces raisons, les fidèles se trouvent dans une situation de nécessité qui leur permet de recourir aux prêtres de la Tradition. En vertu de la législation de l’Eglise, leur mariage est certainement valide. Qu’aujourd’hui le pape demande aux évêques de faciliter ce recours à la juridiction ordinaire, en assurant la régularité du témoin autorisé qu’est le prêtre recevant le consentement des époux, ne fait pas cesser cet état objectif de crise de l’Eglise.

Et nul doute que, dans l’hypothèse où l’Ordinaire refuserait et de désigner un prêtre délégué, et de « concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité », celui-ci célébrerait validement en vertu de cet état de nécessité, tandis que l’évêque s’opposerait manifestement à la volonté du chef suprême de l’Eglise.

Que tous se rassurent donc : nous conservons toujours la possibilité de confesser et de célébrer nos mariages comme toujours, sans rien demander à l’ordinaire ou au curé du lieu, en raison de cet état de nécessité. Le texte n’impose aucune obligation, et se limite à offrir une possibilité. Libre à nous d’en user ou non.

Alors, comme disait Mgr Ducaud-Bourget : on continue, sans nous laisser troubler par les inquiets semeurs d’inquiétude et de méfiance ! N’oublions pas de prier avant de parler ou d’écrire, et de prier encore après l’avoir fait.

Par les mérites infinis du Très Saint Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs que nous sommes.

[Abbé Guillaume de Tanoüarn - Metablog] Mise au point sur la FSSPX

SOURCE - Abbé Guillaume de Tanoüarn - Metablog - 28 mai 2017

Il y a trois semaines, j’ai parlé 40 minutes à l’AFP, qui n’en a retenu que deux phrases : celles où j’explique que Mgr Fellay a un intérêt personnel à la réintégration de la FSSPX. 

Je maintiens et je développe : depuis le début, Mgr Fellay est « dans le cockpit », économe général avant même son ordination, évêque a 30 ans, supérieur général depuis si longtemps que la plupart de ses prêtres n’ont connu que lui. Son mandat actuel s’achève l’an prochain, mais si la FSSPX devient entre-temps une prélature personnelle, il n’aura plus à se préoccuper d’être réélu : elle sera comme son diocèse personnel, aussi longtemps qu’il durera.

Voilà qui peut expliquer les évolutions de Mgr Fellay sur la question. Je fais partie de ceux qui l’ont connu dans d’autres dispositions, je n’en ferai pas l’exégèse mais au fond les « mutins » les plus récents sont sanctionnés pour dire aujourd’hui que la FSSPX disait au début du siècle. Ce que leur reproche Mgr Fellay, c’est de continuer à prendre au sérieux, en 2017, ses propos de l’époque.

La réciproque est vraie et nous sommes quelques-uns à avoir été débarqués pour avoir pensé un peu trop tôt (et peut-être un peu trop haut) que la FSSPX ne devait pas développer une mentalité obsidionale.

Cependant, Dieu écrit droit avec nos lignes courbes. Je vous ai dit que l’AFP n’avait retenu qu’une minute de mes quarante, voici les 39 autres : Tôt ou tard la FSSPX sera réintégrée. Dans les faits c’est déjà le cas, le pape François ayant donné ce qui lui manquait encore : juridiction pour les confessions, et pour les mariages, la licéité de ses ordinations, et le pouvoir de juger ses prêtres en 1re instance.

Reste un dernier « coup de tampon » que la Fraternité acceptera parce que Rome accorde tout et ne demande rien en échange. La FSSPX insiste depuis toujours qu’elle est une œuvre d’Eglise, et voilà que le pape partage cette conviction – que demander de plus?

Je m’en réjouis pour la FSSPX, qui est le navire amiral du traditionalisme. JE M’EN REJOUIS SURTOUT ET ENCORE PLUS POUR L’EGLISE, qui depuis quelques années se réapproprie sa Tradition, par des petits pas… parfois décisifs. La libération de la messe traditionnelle est l’un d’eux, et la réintégration de la FSSPX en est un autre (plus de 600 prêtres… 1.500 personnes si on compte les religieux, les sœurs, et les communautés amies). Rome réintègre sa Tradition ! tout est dit, je m’en réjouis et vous aussi bien sûr.

27 mai 2017

[Wigratzbad (FSSP)] Ordinations sacerdotales aux USA

SOURCE - Wigratbad (FSSP) - 27 mai 2017

Alors que les dix nouveaux diacres de notre séminaire de Denton dans le Nebraska s'apprêtent à venir passer le mois de juin à Wigratzbad, leurs sept confrères de la promotion précédente ont été ordonnés prêtres le vendredi 26 mai, dans la ville voisine de Lincoln, par Mgr Prendergast, archevêque d'Ottawa au Canada.
Deux autres diacres formés à Denton seront ordonnés prêtres le 17 juin, en Angleterre, dans notre église de Warrington, par l'archevêque de Liverpool, puis ce sera le tour des candidats européens, le 1er juillet, à Lindenberg près de Wigratzbad. Sept séminaristes y seront ordonnés par le cardinal Burke, Patron de l'Ordre de Malte. 
    
Un peu plus tard, le 15 août, un séminariste nigérian formé à Denton sera ordonné prêtre dans son pays d'origine, par Mgr Ochiagha, évêque émérite d'Orlu.
     
Enfin deux prêtres français seront ordonnés à l'automne. 2017 aura été une année bénie pour la FSSP, avec 19 nouveaux prêtres offerts au service du Christ et de son Eglise. Nous vous remercions vivement de bien vouloir prier pour leur fidélité et leur sainteté. 
     
Prions aussi pour le fils du Premier Ministre de la Pologne, ordonné prêtre le 27 mai. Il célèbrera sa première messe solennelle dans la forme extraordinaire dans la paroisse desservie par la Fraternité Saint-Pierre à Cracovie.

[Anne Le Pape - Présent] "Tout peut arriver" : Entretien avec l’abbé Alain-Marc Nély

SOURCE - Présent - 27 mai 2017

L’abbé Nély est, depuis plus de dix ans, second Assistant de Mgr Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X. Ses activités lui font parcourir le monde en des voyages parfois harassants, et ses pas le portent également souvent à Rome.
— Monsieur l’abbé, vous que vos fonctions amènent à beaucoup voyager, pouvez-vous nous raconter des rencontres originales faites au cours de vos déplacements ?  
— Il y a, certes, des rencontres étonnantes dans les avions ou les aéroports. Le costume ecclésiastique que je porte permet à ceux que je croise de savoir à qui ils s’adressent. Il m’est arrivé quelquefois – je me souviens précisément de l’aéroport de Tokyo ou de celui de Zurich – de rencontrer des évêques, qui réagissent plus ou moins bien, ou des prêtres qui viennent me voir, ont envie de discuter, veulent connaître la Fraternité. Mais nous passons de l’aéroport au prieuré et du prieuré à l’aéroport dans des délais courts, qui ne laissent pas beaucoup de place aux entrevues inopinées. 

Une rencontre faite au cours de mon dernier voyage au Vanuatu, au mois de février, me revient à l’esprit. Nous venons d’ouvrir là-bas une mission dans un village et je voulais rencontrer l’évêque du lieu pour faire sa connaissance. J’arrive donc dans la cour de l’évêché avec l’abbé Bochkoltz, qui s’occupe du Vanuatu, de la Nouvelle-Calédonie et de la Nouvelle Zélande. J’aperçois un monsieur corpulent en maillot bleu, pieds nus dans des sandalettes. Je lui dis que je suis de la Fraternité Saint-Pie X et que j’aimerais rencontrer l’évêque. « Ah non ! Il n’a rien à faire avec vous, me répond-il, vous êtes hors de l’Eglise... » « Mais qui êtes-vous ? » lui dis-je alors. « Je suis l’évêque... » « Monseigneur, je suis désolé, je suis l’abbé Nély, deuxième Assistant, etc. » « Mais vous venez dans mon diocèse mettre la pagaille », me répond-il. « J’ai rencontré le Saint-Père il y a quelques jours, il a été beaucoup plus agréable que vous ! » lui ai-je rétorqué. Je lui montre une photo sur laquelle je suis avec le pape François. Changeant alors complètement d’attitude, il m’a dit à ce moment-là qu’il nous tolérait, et nous nous sommes quittés là-dessus. Je lui ai promis de lui envoyer un petit mot de Rome lors de mon prochain séjour... 
— A propos des conversations avec Rome, sentez-vous, après les avancées faites par le pape François (à propos des confessions, des mariages...), un changement d’attitude des évêques vis-à-vis de la Fraternité ? 
— Deux évêques en France ont transmis tout pouvoir pour les mariages à la Fraternité, Mgr Planet, évêque de Carcassonne, et Mgr Rey, évêque de Toulon. Un évêque en Nouvelle Zélande l’a fait également, et le nonce en Argentine a écrit à tous les évêques pour leur demander de laisser à la Fraternité les coudées franches. 
— Ne s’agit-il pas d’avancées importantes ? 
— Certes ! Nous sommes en train actuellement de rédiger un directoire pour expliquer la teneur de ce document et dans quelle mesure il nous revient de l’appliquer en respectant la volonté du Saint-Père. Je pense que cela prendra quelques mois pour que les choses soient claires dans l’esprit des prêtres et dans celui des fidèles, car il s’agit d’une situation relativement nouvelle. 
— Sans vous demander de révéler de secret, je ne peux pas ne pas vous poser la question : tous s’interrogent à propos d’une déclaration du pape vis-à-vis de la Fraternité... On parlait de Fatima le 13 mai dernier, on évoque désormais le 7 juillet, anniversaire du motu proprio libérant la messe traditionnelle. Cela repose-t-il sur un fondement solide ? 
— J’ai entendu parler de ces deux dates possibles. Je n’en vois pas les fondements. On a dit Fatima parce que le pape sait que les prêtres de la Fraternité sont très dévots à Fatima. Quant au 7 juillet, nous n’en savons rien non plus, mais tout peut arriver. Seulement, on ne voit pas pourquoi ces deux dates ont été émises à propos de cette déclaration. 
— La Fraternité ne cherche-t-elle pas à acquérir actuellement une maison au centre même de Rome, donc plus proche que le prieuré d’Albano, lui-même un peu excentré ? 
— Ce n’est pas nouveau puisque, quand j’ai été nommé supérieur d’Italie en 2004, une de mes priorités absolues était de trouver juste- ment un endroit à Rome, notamment une église plus visible que celle de la Via Urbana où nous célébrons la messe depuis maintenant à peu près trente ans, située entre Sainte- Marie-Majeure et Termini. Il s’agit d’un local aménagé qui ne peut contenir qu’une petite cinquantaine de personnes. En 2006, quand j’ai été élu deuxième Assistant, l’abbé Pagliarani est devenu Supérieur du District d’Italie, et il a continué à chercher. Ensuite l’abbé Petrucci, qui lui a succédé, a fait de même.

Actuellement, nous avons en vue trois ensembles immobiliers, qui pourraient chacun nous permettre de nous installer à Rome. La Maison généralice restera dans tous les cas à Menzingen, mais il serait bon d’avoir un pied- à-terre à Rome, une « procure » selon le nom coutumier, comme en ont d’ailleurs toutes les congrégations.

Ce que nous souhaitons, de plus, c’est d’avoir un institut, un centre universitaire, un lieu où l’on pourrait donner des conférences, l’équivalent de ce que l’on fait à Paris avec l’Institut Saint-Pie X.

Donc oui, nous cherchons à Rome un lieu où nous puissions avoir simultanément un pied-à-terre pour la Maison généralice, une belle église et des locaux universitaires. Prions pour que ce projet puisse se réaliser enfin ! 
— Les facilités données à la Fraternité par le pape pour les confessions et les mariages concernent-elles de la même façon les « congrégations amies » ? 
— En principe, ce qui touche la Fraternité Saint-Pie X regarde aussi les congrégations amies. C’est prévu dans l’ébauche de statuts de la prélature. Il est clair que la Fraternité n’est pas une entité séparée de ceux qui voudraient continuer à la suivre dans le combat actuel. 
— Voudriez-vous ajouter quelque chose pour les lecteurs de Présent... journal que vous avez vous-même vendu, je crois, dans le métro ? 
— Avec les fondateurs, oui, dont j’étais très proche, Bernard Antony, Max Champoiseau, au métro Opéra, je me souviens très bien ! Mais c’était alors le mensuel, avant la fondation du quotidien. J’ai bien connu aussi Jean Madiran... Ce sont des souvenirs qui restent profondément gravés dans ma mémoire.

J’encourage Présent, bien sûr, à continuer ce travail difficile qu’il mène, libre de toute servitude, et ses lecteurs à le soutenir activement. 

Propos recueillis par Anne Le Pape

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Défense du Mariage

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 27 mai 2017

Quiconque écrase une protestation véritable
Sollicite le vrai sans obtenir rien d’équitable.
Sans doute beaucoup d’entre vous connaissent-ils déjà la Lettre Ouverte des sept prêtres doyens de la Fraternité saint Pie X, lettre co-signée par les Supérieurs de trois autres congrégations de la Tradition. Tous les dix ont protesté il y a trois semaines contre une tentative des autorités romaines d’interférer dans les mariages célébrés dans la Tradition par les prêtres de la Fraternité. De manière symptomatique, les autorités de la Fraternité ont pris fait et cause pour la Rome conciliaire et punissent maintenant leurs sept prêtres pour “subversion”, alors que la vraie subversion vient de la Rome actuelle qui corrompt la doctrine de l’Eglise sur la famille et le mariage chrétiens : à preuve, l’Exhortation Apostolique Amoris Laetitia. Les dirigeants de la Fraternité donnent ainsi une preuve supplémentaire de leur aveuglement suicidaire. Voici l’essentiel de la Lettre, qui est bien rédigée.
   
Cette Lettre Ouverte s’adresse aux laïcs de la Fraternité afin que ceux-ci ne se troublent pas devant l’ingérence de Rome ; elle commence par établir que les mariages célébrés depuis 40 ans au sein de la FSSPX l’ont été et le sont encore tout à fait validement. En effet, le Concile de Trente, afin de fortifier le lien du mariage, a décrété que, pour être valide, la célébration catholique devait être effectuée devant un curé ou un délégué de l’Évêque du lieu. Cependant, dit l’ a ncien Code (Canon 1098), si pendant 30 jours on ne peut trouver sans « inconvénient grave » un tel prêtre, alors le couple peut se marier validement devant des témoins laïcs. C’est ce qu’on appelle la forme extraordinaire du mariage.
   
Or, voilà maintenant 40 ans que la Fraternité lutte contre le néo-modernisme de Vatican II, hautement contagieux et toxique pour la Foi : le mal, en se propageant depuis les années 1960, a maintenant infecté presque toute l’Église. C’est pourquoi la Fraternité a demandé aux âmes de rester à distance de l’église Novus Ordo comme de l’ensemble de son clergé. Dans l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, le Pape lui-même ne fait-il pas des déclarations et des propositions portant directement atteinte à la famille et au mariage catholique ? Voilà « l’inconvénient grave » pour la Foi évoqué plus haut. Pour cette raison, depuis 40 ans, lorsque des couples ont voulu se marier, la Fraternité, voyant le danger pour la Foi, les a tenus à l’écart des prêtres Novus Ordo et les a orientés vers la forme extraordinaire du mariage, habituellement pratiquée au sein de la Fraternité, et certainement valide.
   
Cependant, comment la Rome néo-moderniste pourrait-elle voir un « grave inconvénient » dans le fait de s’exposer à ses prêtres néo-modernisants ? C’est pourquoi, dit la Commission Ecclesia Dei, la forme extraordinaire du mariage ne devra plus être utilisée par les prêtres de la Fraternité, marquant ainsi une étape supplémentaire de l’absorption de la Fraternité dans la Néo-église. Désormais, les mariages de la Fraternité devront être célébrés devant un prêtre Novus-Ordo, nommé ou délégué à cet effet par l’ordinaire du lieu, lui-même Novus Ordo ; faute de quoi les mariages de la Fraternité continueront à être jugés invalides par les autorités de la Néo-église.
   
Cela signifie que la forme extraordinaire du mariage sera soumise au contrôle de l’Évêque local. Mais, on sait que les rédacteurs du nouveau Code de droit canon (1983) ont dû admettre, après en avoir âprement discuté, qu’une telle mesure heurtait vraiment trop le droit naturel des couples, si bien que ce nouveau Code, dans Canon 1116, maintient la forme extraordinaire. C’est pourquoi les dix prêtres signataires de la Lettre Ouverte concluent qu’ils continueront à utiliser la forme extraordinaire, sans recourir à un évêque de la Néo-église. Ils ajoutent qu’ils ne comptent pas non plus recourir aux tribunaux de la Néo-église pour juger des affaires de mariage, ces tribunaux accordant trop facilement des annulations pour des raisons contestables. Les dix prêtres signataires de la Lettre Ouverte doivent donc être félicités !
   
Mais comment la Fraternité a-t-elle réagi ? Le document de la Commission Ecclesia Dei traitant des mariages de la FSSPX, publié le 4 avril, crachait virtuellement sur la Fraternité. Mais le siège de la Fraternité à Menzingen accueillit immédiatement le texte comme un cadeau du ciel. Le 7 mai, les dix prêtres rendaient publique leur protestation contre l’ingérence de la Commission Ecclesia Dei. Le même jour, le Supérieur du District de France de la Fraternité qualifiait leur protestation d’acte « subversif » et, le 10 mai, il signifiait aux sept prêtres de la Fraternité signataires de la Lettre Ouverte, qu’ils étaient relevés de leur fonction de Doyen ; il donnait par ailleurs trois jours pour déguerpir à l’abbé de la Rocque, curé de saint Nicolas du Chardonnet, paroisse phare de la Fraternité à Paris.
   
Cette méthode de management montre bien que la Fraternité est en train de couler. Mais, par ailleurs, la Lettre Ouverte prouve qu’elle n’est pas encore complètement coulée.
   
Kyrie eleison.

26 mai 2017

[Abbé Lorans, fsspx - FSSPX Actualités] Contre « l’enfouissement », une procession en plein cœur de Paris

SOURCE - FSSPX Actualités - 26 mai 2017

Dans l’après-Concile, c’est une « pastorale de l’enfouissement » qui était en vigueur. Il s’agissait pour les prêtres d’être invisibles, et ils se mirent en civil. Il fallait que les fidèles se contentent d’assurer une simple « présence », un « témoignage » si discret qu’il en devenait incolore, inodore et insipide. On n’évangélisait plus, on dialoguait. On ne prêchait plus, on proposait.
   
Tel n’est pas l’esprit qui se manifestera le lundi de Pentecôte, à travers les rues de Paris. En début d’après-midi, les pèlerins de Chartres entreront en procession, depuis la Porte de l’Hippodrome jusqu’aux Invalides, en passant par le Trocadéro et la Tour Eiffel. Fatigués physiquement par cette marche de plus de 100 km, mais spirituellement réconfortés par ces trois jours de prière, ils retrouveront les accents enthousiastes du Lauda Sion Salvatorem, composé par saint Thomas d’Aquin :

« Sit laus plena, sit sonora, sit jucunda, sit decora mentis jubilatio. Que la louange soit pleine, qu’elle soit sonore, qu’elle soit joyeuse, qu’elle soit belle la jubilation de l’esprit ! »

Laisserons-nous ces milliers de pèlerins proclamer sans nous la gloire de Dieu ? Resterons-nous enfouis dans nos appartements, dans une torpeur confortable ? Non ! Tous ensemble sous le manteau de Notre-Dame de Fatima, à l’ombre de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, nous dirons haut et fort que le Cœur immaculé est notre refuge inexpugnable en ces temps troublés. Nous nous réunirons tous pour manifester notre confiance inébranlable, car à la fin c’est bien ce Cœur qui triomphera !

Abbé Alain Lorans
   

[Marco Brunner - Le Temps] Au CHUV, les intégristes d'Ecône prient contre l’avortement

SOURCE - Marco Brunner - Le Temps - 26 mai 2017

Pour «réparer les crimes de l’avortement», la Fraternité Saint-Pie X utilise la chapelle du CHUV pour y dire des prières expiatoires. Depuis une dizaine d’années. Assurant qu’elle «tombe des nues», la direction de l’hôpital prend des mesures pour défendre le droit à l’interruption de grossesse
 
Cela se passe le 13 de chaque mois à 19h30 à la chapelle du CHUV, le centre hospitalier universitaire vaudois. Des croyants intégristes sont appelés à se rendre dans ce lieu de culte afin d’y prier «pour réparer les crimes de l’avortement». Ainsi que Le Temps l’a constaté, l’invitation figure dans le bulletin mensuel de la Fraternité Saint-Pie X, un courant plus familièrement connu sous le nom d’Ecône.
 
Il ressort de la même publication que, le samedi 13 mai, au moment même où le pape François célébrait à Fatima, au Portugal, le centenaire des apparitions de Marie, la Fraternité commémorait le miracle de son côté par une «messe votive» au CHUV.

Chapelle sans surveillance permanente

Le principal établissement hospitalier vaudois est-il donc devenu un lieu de présence privilégié pour le mouvement religieux conservateur? «Tout le monde ici tombe des nues», répond François Rouiller, responsable de l’aumônerie du CHUV, assurant tout ignorer de ces manifestations. «En soi, nous ne pouvons pas exclure que de telles prières aient pu avoir lieu, même sans notre accord», précise-t-il, car la chapelle n’est pas surveillée en permanence.

Propriété du CHUV, et donc de l’Etat de Vaud, la chapelle en question est un lieu œcuménique, dédié au soutien spirituel pour les patients et leurs familles. Elle est gérée par le service d’aumônerie de la cité hospitalière, pour lequel une vingtaine de théologiens, pasteurs et prêtres assurent une présence sept jours sur sept, en collaboration avec les Eglises protestantes et catholiques.
 François Rouiller insiste sur le fait qu’il n’existe aucun lien entre l’aumônerie, sa chapelle et la Fraternité. Il se demande du reste comment cette communauté a fait pour célébrer une messe votive sans accès à la sacristie.

«La vie doit être défendue»

Le jeune abbé Jean de Loÿe, 30 ans, responsable de la paroisse lausannoise de la Fraternité Saint-Pie X, confirme au Temps l’existence de ces prières. Non seulement elles ont lieu à la chapelle, mais elles se tiennent depuis au moins une dizaine d’années, affirme-t-il. «Il ne s’agit pas d’une manifestation revendicative. Mais la vie doit être défendue», explique-t-il.

L’abbé ne veut donner aucune précision sur le choix du CHUV pour ces prières. On peut toutefois imaginer que cet hôpital n’est pas choisi au hasard, étant l’un des sites où se pratiquent le plus d’avortements en Suisse romande. Selon les chiffres fournis par le CHUV, 757 interruptions de grossesse ont été effectuées en 2015 au Département femme-mère-enfant. Au niveau suisse, l’Office fédéral de la statistique a enregistré pour la même année 10 255 cas. Une légère baisse est constatée depuis quelques années, surtout parmi les jeunes femmes.

Une bénévole à l’œuvre ?

Une congrégation religieuse qui se flatte d’organiser des prières réparatrices au CHUV, une direction d’hôpital qui n’a rien vu, quelle est la réalité? Ce qui semble sûr, c’est qu’il n’y a jamais eu dans la chapelle de l’hôpital de rassemblement important de chrétiens traditionalistes. «La chapelle est un lieu apprécié par beaucoup d’employés de l’hôpital qui l’utilisent pour y faire de la méditation pendant les pauses, relève Pierre-François Leyvraz, le directeur général du CHUV. Elle est ouverte à toutes les croyances et nous ne voulons pas faire de la police.»

Tout en répétant n’avoir rien remarqué, les responsables de l’hôpital formulent l’hypothèse qu’une ancienne bénévole de l’hôpital pourrait être au centre de ces prières, qui ne réuniraient qu’un nombre très réduit de personnes. Le nom de cette bénévole apparaît en tout cas aussi dans le bulletin de la Fraternité.

Le CHUV réagit

Interrogé par Le Temps, le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard, responsable politique du CHUV en tant que chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), indique que «si cette pratique est avérée, la direction du CHUV fera en sorte que ce lieu de recueillement propriété de l’Etat ne soit plus utilisé pour la diffusion de messages mettant en cause le droit à l’avortement».

Au CHUV, des mesures sont en effet annoncées. Le service de sécurité a reçu l’instruction de fermer la chapelle le 13 du mois entre 19h et 20h. De plus, une lettre sera envoyée ces prochains jours à la Fraternité Saint-Pie X pour lui signifier cette interdiction d’accès et lui demander de supprimer de son bulletin l’annonce des prières. «L’avortement est un droit. En tant que service de l’Etat nous défendons la loi et ne voulons pas du prosélytisme dans nos locaux», ajoute le directeur Pierre-François Leyvraz.

Un droit remis en cause

Le mouvement d’Ecône, présent à Lausanne depuis une trentaine d’années, a récemment créé la surprise avec son emménagement en février dans la chapelle de l’ancien Institut Mont-Olivet. L’interruption de grossesse est légalisée en Suisse depuis 2002, dans les douze premières semaines. Une légalisation que les milieux conservateurs n’ont pas acceptée et tentent de remettre en cause.

[Riposte Catholique] Le fils du Premier Ministre célèbre une messe dans la forme extraordinaire…

SOURCE - Riposte Catholique - 26 mai 2017

Malgré notre titre volontairement accrocheur, rassurez-vous ca ne se passe pas en France… mais en Pologne !! L’information est relayée par notre confrère Rorate Caeli qui l’a lue sur le site de la Fraternité Saint-Pierre en Pologne
Le fils de la Premier Ministre polonaise, Mme Beata Szydło, sera ordonné prêtre de l’Église catholique le samedi 27 mai. 
L’abbé Tymoteusz Szydło, prêtre diocésain, célébrera sa première messe traditionnelle (avec des indulgences qui lui sont attachées) en l’église de la Sainte Croix de Cracovie, desservie par la Fraternité de Saint Pierre (FSSP) en Pologne, en la fête de la Pentecôte (Dimanche 4 juin 2017) à 19h15. 
Félicitations au Premier ministre Szydło, à son mari, au nouveau prêtre, à sa famille élargie et ainsi que à toute la Pologne bienheureuse: Beatus populus cuius Dominus Deus eius! 

[Anne Le Pape - Présent] Reportage : rite oriental catholique à la Consolation

Les célébrants processionnant autour de l’autel.
En l’absence d’iconostase, les deux lutrins, portant
les icônes, la représentent.
SOURCE - Anne Le Pape - Présent - 26 mai 2017

A l’occasion de la fête de l’Ascension, les fidèles parisiens ont pu découvrir la Divine Liturgie célébrée dans le rite byzantin en langue slavonne (que l’on peut qualifier de « vieux russe ») par des prêtres lettons en visite en France. Accompagnés par l’abbé Weber, de la Fraternité Saint-Pie X, responsable de l’apostolat dans les Pays de l’Est, du père Damien-Marie et du frère Jean-Bosco, tous deux de la Fraternité de la Transfiguration avec laquelle ils sont en étroit contact, les pères Valerius et Konstantin, assisté du diacre Francisk, ont célébré le 25 mai à la chapelle Notre-Dame de Consolation, rue Jean-Goujon, en présence d’une assistance impressionnée et recueillie.


24 mai 2017

[FSSPX Actualités] Que penser des dispositions romaines concernant les mariages dans la Fraternité Saint-Pie X? [Transcription de l'entretien avec Mgr Fellay, le 21 avril 2017]

Après la cérémonie des
confirmations à St. Mary's,
le 22 avril 2017.
SOURCE - FSSPX Actualités - Traduit de l’anglais - 24 mai 2017

[Transcription de l'entretien avec Mgr Bernard Fellay, le 21 avril 2017]
Lors d’un voyage aux Etats-Unis, en avril dernier, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a accordé au site américain sspx.org un entretien vidéo sur les questions soulevées par la Lettre du cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur les mariages dans la Fraternité (4 avril 2017). On pourra en lire ici la transcription intégrale, traduite en français. 
Cet entretien, réalisé le 21 avril, ne répond pas directement à toutes les objections formulées depuis la parution de la Lettre du cardinal Müller. Il en donne une interprétation générale qui sera précisée de façon argumentée par un Directoire canonique à l’usage des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, comme annoncé par FSSPX.Actualités le 12 avril.
Soyez grandement remercié, Monseigneur, d’avoir pris le temps sur votre horaire très chargé pour cette entrevue. Permettez-moi quelques questions pour clarifier de récentes nouvelles reçues de Rome.

Avec plaisir.

1) Tout d’abord, les dernières nouvelles de Rome à propos de la Fraternité concernent les dispositions relatives à nos mariages. Qu’est-ce que cela signifie pour la Fraternité et comment cela nous affectera-t-il pratiquement?

C’est une vaste question. Laissez-moi rappeler un peu le contexte. Depuis des années, une sorte de jurisprudence a été établie par l’Eglise officielle, par Rome, qui prétend que nos mariages seraient invalides. Bien sûr, nous avons suffisamment d’éléments de droit canonique pour prouver que ce n’est pas le cas. Mais néanmoins, les gens qui veulent rompre – si je peux dire ainsi – leur mariage ont, avec cette disposition officielle, une voie facile pour le faire.

Depuis des années, j’ai essayé de voir avec Rome ce qui pouvait être fait pour mettre fin à cette situation injuste et fausse. Finalement, après avoir échangé différentes idées au cours des années – il y a presque 10 ans que je discute de cela –, est venue l’idée – et c’est certainement une initiative du Saint-Père – de dire aux évêques : pourquoi ne pas reconnaître cette situation comme catholique et donc donner la délégation? Voilà le contexte.

Maintenant, comme pour beaucoup de documents, il faut lire entre les lignes. Je pense que le but se trouve dans le deuxième paragraphe qui dit aux évêques : les prêtres de la Fraternité, bien que l’Eglise les identifie comme irréguliers, sont capables de recevoir la délégation nécessaire pour bénir ou recevoir les consentements du mariage. Je pense donc que cela doit être lu comme une nouveau pas en faveur de la Fraternité, dans les faits ; non pas une tentative d’essayer de se mettre la Fraternité « dans la poche » – comme on dit familièrement. Non ! au contraire, c’est une reconnaissance que ce que nous faisons est catholique. D’où le message aux évêques : « Vous pouvez donner la délégation même à ces prêtres ».

Ce qui est très intéressant aussi, c’est qu’on parle de nos mariages. Et il est dit que, même si les prêtres diocésains sont délégués pour recevoir les consentements, la messe est néanmoins célébrée par un prêtre de la Fraternité. Le fait qu’il y ait une déclaration claire que la messe célébrée soit celle de la Fraternité, c’est encore un nouveau pas dans la bonne direction, car il est dit que ses prêtres non seulement peuvent, mais diront la messe. Et évidemment de la manière appropriée, donc sans aucune irrégularité canonique.

Vous trouvez quelque part une certaine contradiction dans le texte. C’est évident. Il faut comprendre que, d’abord, Rome veut affirmer que nous ne sommes pas encore, à ses yeux, complètement dans l’ordre selon le droit canonique. Il en est fait mention. Mais cependant : « Traitez-les normalement comme s’il n’y avait pas de désordre. » C’est intéressant !

Certainement, vous pouvez avoir différentes façons d’examiner ce texte ; une manière positive ou une manière pessimiste. Mais, en regardant le Saint-Père, en considérant comment le pape François nous traite depuis un certain temps, il est très clair qu’il s’agit d’un pas bienveillant envers nous ; non pas un piège, un mauvais coup caché ou une mainmise. Non ! c’est une volonté que nous soyons traités correctement à tous les niveaux.

2) Excellence, vous avez parlé de contradictions possibles dans le texte ou même de différentes façons de lire entre les lignes. Certains fidèles qui assistent aux messes de la Fraternité s’attendent peut-être à devoir maintenant accepter les prêtres du diocèse pour recevoir leurs consentements. Et certains d’entre eux semblent mal à l’aise à l’idée qu’un prêtre diocésain vienne, par exemple, dans une chapelle de la Fraternité pour recevoir leurs consentements. Que diriez-vous à ceux qui pensent que cette disposition de Rome n’est qu’un nouvel obstacle pour les fidèles désireux de se marier en présence des prêtres de la Fraternité?

Je pense que lorsque nous abordons une situation pratique, il est difficile de savoir à l’avance ce qui se passera. Nous allons essayer de traiter avec les évêques ; nous allons essayer de tirer le meilleur parti du texte. Nous avons déjà des cas, en particulier en Argentine, le pays du pape, où l’évêque a simplement donné la délégation à nos prêtres[1]. Tout simplement. Et nous espérons que cela devienne la situation générale. Donc, l’interprétation correcte du texte.

Cela n’exclut pas une situation où, par exemple, un évêque se montrera obstiné... et insistera pour imposer un prêtre. Nous devrons alors examiner la situation concrète. Certainement, comme c’est un mariage de nos fidèles, ils ont leur mot à dire. Et c’est pourquoi je lis de cette façon le texte : « dans l’impossibilité pour le plan A, allez au plan B » qui consiste à donner directement la délégation aux prêtres de la Fraternité.

Donc, s’il y a des cas où nous nous sentons mal à l’aise, nous devons le dire. Et c’est même dans le texte. Probablement nous aurons ici et là quelques difficultés, mais elles ne sont pas sans solution.

3) Puisque le document mentionne la possibilité que les ordinaires donnent la délégation directement [aux prêtres] de la Fraternité, et que vous avez cité des exemples où c’est déjà le cas, comment les prêtres de la Fraternité tenteront-ils d’obtenir cette délégation? Est-ce du ressort des prêtres individuels, des prieurs locaux, des Supérieurs de district ou de la Maison générale? Pouvez-vous nous éclairer sur la façon dont, pratiquement, cela se réalisera?

Nous indiquerons aux différents districts la façon, la manière de traiter. On peut prévoir différents scénarios. En général, comme je l’ai dit, nous essaierons non pas de traiter au cas par cas, mais de parvenir à des règles générales avec les évêques. Et cela signifie donc un contact du Supérieur du district.

4) En ce qui concerne ces règles générales, il a été indiqué dans le document publié par la Maison générale, qu’un Directoire serait établi pour l’ensemble de la Fraternité. Est-il prématuré de commenter ce Directoire ou avez-vous déjà eu des conversations au sujet de ce Directoire?

Il est trop tôt pour en parler. Nous devons également attendre de voir comment ce texte venant de Rome va être reçu localement. Et nous n’avons pas encore toutes les réponses. Mais vous pouvez facilement imaginer que, avec un tel texte, la plupart des évêques ne s’embarrasseront pas, car il s’agit d’une ouverture envers nous. Et ils vont simplement accorder la délégation.

5) Comment aborderons-nous la question du mariage dans des endroits où, par exemple, les évêques ne veulent pas collaborer? Risque-t-on d’avoir certains pays ou diocèses où les évêques accordent une délégation et d’autres pas?

A strictement parler, nous pourrions nous attendre à cela. Il est possible que des évêques s’opposent aux dispositions du pape. Nous le savons. Mais je ne le crains pas, parce que [dans ce cas], nous revenons à la situation actuelle, prévue par le droit canonique, qui dit que, s’il y a une grave difficulté – en latin : grave incommodum –, les futurs époux peuvent procéder [et se marier]. Ils doivent avoir, dans ce cas, des témoins et un prêtre, s’il y en a un de disponible.

6) Dans le cas où un évêque local serait opposé, y a-t-il ou pas un recours possible à Rome pour nous protéger?

Je dirais que ce n’est pas nécessaire, mais nous examinerons probablement la question. Nous pouvons parler avec Rome à ce sujet : serait-il juste d’établir dans de tels cas une autre disposition, si je puis dire? Quand j’ai parlé au pape de la situation actuelle où les évêques nous refusent [la délégation], il a déclaré : « Mais je peux la donner ! » C’était très intéressant. Comme ultime recours, nous savons que, du côté du pape, il y a cette volonté.

7) Cela peut sembler une question pratique ; à la lumière du document récent, où seront dorénavant enregistrés ces mariages? Dans les prieurés et chapelles de la Fraternité, dans les paroisses du diocèse ou ailleurs?

Si nous suivons l’indication du texte lui-même, je pense que l’interprétation correcte est que nous continuons à renseigner nos registres, et nous envoyons la notification [du mariage] au diocèse. Il se pourrait que nous envoyions un peu plus que la notification, mais ce n’est pas clair dans le texte.

8) Pour ceux qui souhaitent se marier, prévoyez-vous une sorte d’examen pour les conjoints que nous avons préparés au mariage? N’est-il pas étrange qu’un prêtre qui n’a eu aucun rôle dans la formation des conjoints devienne le témoin de leur échange de consentements, sans avoir la moindre idée s’ils sont bien préparés?

Là encore, je pense que le texte prévoit que nous préparons et examinons, et le prêtre local n’est là que pour la cérémonie, comme pour mettre le cachet sur une réalité qui est entièrement nôtre.

9) Vous y avez déjà répondu un peu, mais vous pourriez peut-être l’expliciter. Vous semblez considérer qu’il s’agit d’une étape vers la régularisation (canonique de la Fraternité), ou au moins d’une marque de bonne volonté de la part de Rome, plutôt qu’une sorte de piège pour nous empêcher de faire le travail que nous avons fait jusqu’à présent. Pouvez-vous commenter un peu plus?

Volontiers ! Je pense que ce n’est pas la première étape dans cette direction. Je vous ai dit avoir discuté de cette question depuis 10 ans déjà. Je parle aussi avec Rome d’autres problèmes qui demanderaient une intervention de la plus haute autorité : les actes sacramentels catholiques que nous posons et qui seraient reconnus par Rome. Je constate que cela se produit à différents niveaux et que plus le temps passe, plus cela devient la pratique courante.

Cela signifie que, malgré certaines allégations selon lesquelles nous sommes irréguliers, nous sommes traités de plus en plus comme si les choses étaient tout à fait normales. Ces dernières années, tout le monde a entendu parler du pouvoir [donné aux prêtres de la Fraternité] de confesser dans le monde entier. Et non seulement validement, mais de manière licite ; c’est-à-dire que tout le monde peut, sans problème de conscience, s’adresser aux prêtres de la Fraternité. C’est un exemple.

Un autre exemple, ce sont les ordinations. L’année dernière, j’ai reçu une lettre de Rome disant : « Vous pouvez ordonner librement vos prêtres sans la permission de l’Ordinaire du lieu. » Donc, si je peux ordonner librement, cela signifie que l’ordination est reconnue par l’Eglise, non seulement comme valide mais aussi dans l’ordre. Si je peux le faire librement, il est clair que cela est déjà reconnu et accepté. Donc, c’est une étape de plus dans cette acceptation que nous sommes des « catholiques normaux », en dépit de ce sentiment sous-jacent que nous ne sommes toujours pas complètement dans l’ordre. Cela se passe de plus en plus ainsi, et ce n’est pas le premier pas. Franchement, je ne vois pas de volonté d’interférence ou de mainmise, mais simplement la reconnaissance que ce que nous faisons est catholique.

10) Pour changer un peu de sujet, même si je suppose que c’est indirectement lié, nous sommes à un peu plus d’un an du prochain Chapitre général de la Fraternité. Pouvez-vous dire quelque chose sur les préparatifs en cours et ce que cela signifie pour la Fraternité? Ou est-il trop tôt pour en parler?

Non, je ne pense pas que ce soit trop tôt, nous pouvons vraiment en parler. Ce Chapitre aura lieu, que l’on aille de l’avant ou que nous en restions là où nous sommes maintenant. En tout cas, même si nous étions reconnus avant [la date prévue du Chapitre général], cela impliquerait un Chapitre général selon nos règles internes. Donc, que ce Chapitre se tienne avant ou à la date prévue, il sera de toute façon pour nous l’occasion d’examiner la fidélité à nos statuts, à quel point nous les accomplissons, quels sont les manquements, les points à améliorer, les questions et problèmes nouveaux. Je suppose que cette nouvelle reconnaissance possible de Rome soulèvera, lorsqu’elle se produira, un certain nombre de nouvelles questions, de nouvelles situations. Nous y réfléchissons déjà maintenant, mais nous devrons alors édicter des lignes directrices et des règles pour toute la Fraternité. En tout cas, je pense que ce sera un Chapitre important et nous le préparons, bien sûr ! Un an n’est pas de trop pour le préparer.

11) De manière plus générale, pouvez-vous nous dire comment et où la Fraternité grandit le plus dans le monde? Y a-t-il des endroits vraiment remarquables ou particulièrement impressionnants?

Disons que nous avons des variations dans notre croissance. Ce que je vois, en général, c’est une croissance plus ou moins constante, pas vraiment spectaculaire. De temps en temps, un groupe nous rejoint, mais c’est vraiment rare. Ce sont plutôt des personnes individuelles qui viennent, qui se joignent à nous, une famille ici ou là. Cela est universel, dans tous les pays où nous sommes installés, sur les six continents, vous trouvez ce phénomène. Certains endroits connaissent une croissance plus grande ou plus intense : des pays comme les Etats-Unis et certains endroits d’Afrique. Il y a des variations d’un pays à l’autre. Je ne peux donc pas dire avec certitude que depuis 10 ans, la Fraternité ait augmenté dans un pays plus qu’un autre. C’est toute la Fraternité qui continue de croître, et plus nous grandissons, plus la pénurie de prêtres pour faire face à tous les besoins devient problématique.

12) En ce qui concerne les prêtres, quelle est la tendance des prêtres provenant de diocèses ou de congrégations religieuses, et qui s’intéressent à la Fraternité? Leur nombre a-t-il augmenté ou diminué depuis François? Pouvez-vous nous parler de leurs motifs et pourquoi ils choisissent la Fraternité parmi différentes options?

Oui, il me semble qu’il n’y a pas beaucoup de changement avant et après l’élection du pape François. Peut-être un peu plus, mais j’hésiterais à être très absolu. Je pense que c’est une tendance plus profonde pour tenir à la seule personne du pape. Il y a des prêtres, en effet, qui s’approchent de nous. Vous avez des niveaux différents ou des attitudes différentes. Certains prêtres nous approchent pour devenir membres, mais beaucoup ne veulent pas nécessairement devenir membres. Ils veulent être amis, ils veulent apprendre de nous a liturgie sacrée, d’une part, mais plus encore la doctrine.

Il y a environ deux ans en Italie, j’étais devant un groupe de prêtres amis, environ 30 prêtres et je leur ai demandé : qu’attendez-vous de nous? J’étais presque certain qu’ils diraient : « Eh bien, apprenez-nous à dire la messe ». Ce ne fut pas la réponse. Leur réponse : la doctrine. C’est ce qu’ils attendent. Et c’est plus profond, bien sûr : sans doctrine qui explique la messe, la messe peut être belle... mais ce qui la rend solide, c’est la doctrine qui s’exprime, qui vient de la messe. Et si vous avez une bonne et solide connaissance de cette théologie, la liturgie est encore plus nécessaire, si je puis dire.

Et c’est ce que vous voyez un peu partout. Je vois des prêtres qui nous approchent, non pas seulement pour la messe : pour beaucoup plus ! Ils veulent apprendre la tradition. Beaucoup d’entre eux, lorsqu’ils découvrent la messe, sont frustrés. Ils se sentent trompés. Et ils disent : « Ce sont des trésors, nos trésors, et ils nous ont été cachés ! » Mais ils ne conservent pas cet état de frustration, et ils apprécient vraiment la Tradition ; ils veulent en vivre.

13) Excellence, en parlant d’une autre question plus universelle, Amoris lætitia a engendré énormément de confusion et de controverse depuis sa parution l’année dernière. D’une part, on pourrait dire qu’il est encourageant de voir certains se réveiller dans cette crise de l’Eglise ; d’autre part, les résultats pastoraux de ce document sont vraiment ravageurs. Il y en a même qui affirment que la Fraternité a été trop faible dans sa critique d’Amoris lætitia. Quelles sont vos réflexions sur ce document et sur la controverse qu’il a engendrée?

A l’époque, j’ai écrit au pape François, et nous avions préparé un texte pour alerter les cardinaux, une lettre écrite par nos trois évêques. Mais, – je ne dirai pas « malheureusement », car ce ne serait pas le mot juste – mais quatre cardinaux ont pris l’initiative (des Dubia) juste avant l’envoi de notre lettre. C’est pourquoi il n’y a jamais eu beaucoup de bruit [autour de notre lettre], parce que tout était déjà fait ! Notre lettre donc est restée dans un tiroir.

En fait, nous faisons tout ce que nous pouvons avec ceux qui élèvent leurs voix. Je pense qu’il est important que les gens remarquent que nous ne sommes plus les seuls à nous plaindre, à dénoncer, à attaquer ces situations mauvaises qui nuisent aux âmes. C’est une des raisons pour lesquelles, ici et là, je ne parle pas tout de suite, laissant leurs voix apparaître, et ne mélangeant pas la mienne aux leurs. Parce qu’en général, lorsque nous faisons cela, ils sont disqualifiés, car la tendance à nous disqualifier est encore très présente dans l’Eglise moderne. Et donc, laisser entendre leurs voix, pour toute l’Eglise, est probablement mieux. Tout le monde sait de toute façon ce que nous pensons, nos positions. Cela n’a pas changé, tout le monde le sait.

Alors tant qu’il y a des voix dans l’Eglise qui parlent dans la bonne direction, dire que, un jour ou l’autre, j’ai parlé plus faiblement, ne change rien dans l’ensemble, dans le grand combat qui est toujours là. Cela est tout à fait clair ! Cela ne signifie absolument pas que j’ai amolli notre discours, par calcul politique, afin de ne pas compromettre la possibilité d’un accord – ce qui n’est pas la bonne expression, plutôt : une reconnaissance canonique –, cela n’est tout simplement pas vrai. Celui qui est attentif et regarde tout ce que j’écris et dis, pourra reconnaître que je ne fais que continuer. Nous sommes toujours les mêmes.

Et j’insiste à Rome pour dire que nous sommes ainsi, et que nous ne changerons pas. Nous sommes peut-être un peu moins polémiques dans nos attaques contre les personnes. Mais notre motif n’est pas l’obtention d’un gain pour nous seulement. Ce que nous recherchons, c’est le moyen le plus efficace d’obtenir un bienfait pour toute l’Eglise. Parfois en donnant simplement un argument, on obtient davantage qu’en l’aboyant. Il faut regarder les cas. Nous sommes toujours dans un combat, nous le savons, et ce n’est certainement pas fini. Ce n’est pas seulement pour le plaisir de se battre, mais parce que nous appartenons à l’Eglise militante.

14) En conclusion, une question plus simple : vous êtes ici à St. Mary’s, KS, pour des confirmations. St. Mary’s est évidemment la plus grande paroisse et école de la Fraternité aux Etats-Unis. Quelles sont vos impressions ou vos réflexions sur St. Mary’s?

J’admire le travail de la Divine Providence en ce lieu sanctifié avant nous par les Jésuites. C’était le scolasticat des Jésuites. Dans l’église, qui n’est plus là, qui a brûlé, nous savons que plus de 1000 prêtres ont été ordonnés. Ce n’est pas seulement un lieu très saint, mais un lieu très sacerdotal. Et comme la première préoccupation de la Fraternité est le sacerdoce, c’est un bon rappel.

Et je peux dire que nous sommes en train de récolter. Nous essayons de semer bien sûr, mais nous récoltons le fruit du travail des bons ouvriers qui nous ont précédés dans le champ du Seigneur. Nous admirons sans aucun doute, et remercions Dieu pour ces beaux fruits de la vie de la Tradition, qui se voyait partout avant.
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Pour conserver à cet entretien son caractère propre, le style oral a été maintenu.
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[1] Il s’agit de Mgr Eduardo Eliseo Martín, évêque de Rosario, en Argentine En France, Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, et Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, ont adopté des dispositions semblables. NDLR française.