22 septembre 2017

[Abbé Barthe - Riposte Catholique] Summorum Pontificum est «irréversible»

SOURCE - Abbé Barthe - Riposte Catholique - 21 septembre 2017
C’est le message que l’on peut retenir de l’exceptionnel pèlerinage Summorum Pontificum, qui vient de se dérouler à Rome, et dont nous avons déjà donné de nombreuses photos et vidéos. « On peut dire aujourd’hui que la restauration liturgique impulsée par Summorum Pontificum dans l’Église est irréversible ». C’est ce que disait l’abbé Claude Barthe, l’aumônier du pèlerinage, dans son adresse à Mgr Gänswein, Préfet de la Maison pontificale, mais aussi secrétaire du pape Benoît XVI, venu présider les vêpres de l’Exaltation de la Croix, dans l’Église San Marco, place de de Venise, le soir du 14 septembre.

Summorum Pontificum irréversible : c’est bien l’impression qui ressortait du congrès tenu le 14 septembre dans le grand amphithéâtre plein à craquer de l’Université Saint-Thomas. Le cardinal Müller y fut interminablement applaudi par les assistants pour avoir souffert l’injuste éviction de sa charge de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, fit un tableau de la croissance des lieux de célébrations « extraordinaires » dans le monde en dix ans, soit, avec des variantes régionales, une croissance de 50 %. Dom Jean Pateau, Abbé de Fontgombault, après avoir décrit l’histoire liturgique de son abbaye, a plaidé pour un rapprochement des missels, mais à très long terme. Propos qui semblaient comparables à ceux du cardinal Sarah, dans La Nef, de juillet 2017, lequel pourtant, dans son intervention au colloque, se défendit d’avoir prôné un missel hybride. En conclusion, manifestement en réponse aux avanies qui le frappent, il réaffirma son attachement à la réforme de la réforme : retournement des autels vers le Seigneur, introduction de l’offertoire traditionnel dans la forme ordinaire. Très applaudi fut le romancier allemand Martin Mosebach qui, dans une éblouissante intervention, se moqua avec un humour mordant des réformateurs liturgiques ennemis de la « répétition » et adeptes de la « noble simplicité », pour affirmer avec force que les deux rites, l’ancien et le nouveau, étaient de fait irréconciliables. La conclusion du colloque fut laissée à Ettore Gotti Tedeschi, ami de Benoît XVI, ancien Président de la Banque Vaticane, qui dans un véritable feu d’artifice oratoire, fit crouler de rire les vénérables cardinaux et prélats jouant notamment – arguments provocateurs à l’appui – sur les sigles NOM, Nouvel Ordo Missæ/Nouvel Ordre Mondial.

Le vendredi 15 septembre, un très émouvant chemin de Croix, « à l’italienne », organisé par l’Institut du Bon Pasteur, se déroula dans l’église de Santa Maria in Campitelli, et puis le soir, une messe solennissime célébrée par Mgr Gilles Wach, supérieur de l’Institut du Christ-Roi Souverain-Prêtre, dans l’église dominicaine de Santa Maria sopra Minerva, le cardinal Burke y prononçant une oraison funèbre à la mémoire du cardinal Carlo Caffarra décédé la semaine précédente.

Le cardinal défunt était remplacé, le samedi 16, par Mgr Pozzo. Après avoir conduit la procession des pèlerins dans les rues de Rome, depuis la Chiesa Nuova jusqu’à la Basilique Saint-Pierre – procession si considérable que la police demanda à ce que les rangs fussent resserrés au maximum –, il célébra pontificalement dans la Basilique, à l’autel de la Chaire, devant deux cardinaux (Burke et Brandmüller), trois évêques (Mgr Vigano, ancien nonce aux États-Unis, Mgr Laise et Mgr Croci), les PP Abbés de Fontgombault et du Barroux, une brochette de prélats romains, près de 400 clercs et des fidèles en grand nombre.

Et le dimanche 17 septembre, dans l’église de la Trinité-des-Pèlerins, siège de la paroisse personnelle confiée à la Fraternité Saint-Pierre, où les fidèles ne purent tous entrer, le P. Dominique-Marie de Saint-Laumer, supérieur des Religieux de Saint-Vincent-Ferrier, célébra une messe solennelle conclusive en rite dominicain, le P. Louis-Marie de Blignières donnant la prédication : « Le rite latin traditionnel souligne merveilleusement la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le sacrifice du Christ. Mais la vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? »

On retiendra un élément liturgico-artistique remarquable : une messe avait été spécialement composée pour le pontifical à Saint-Pierre par le jeune et prometteur Maestro Aurelio Porfiri, qu’il dirigea lui-même, la Missa Summorum Pontificum, sur une musique vocale grandiose, dans une sorte de style baroque pour le XXIe siècle, avec un Gloria et un Te Deum triomphaux, écho des fastes musicaux baroques de la Contre-Réforme qui proclamaient l’irréversibilité de la restauration tridentine.

[FSSPX Actualités] Suisse : Rembarre a posé sa plume

SOURCE - FSSPX Actualités - 18 septembre 2017

Le 30 avril 2017, René Berthod s’est éteint, dans sa 79e année. Neveu du chanoine René Berthod qui fut directeur du séminaire d’Ecône, et père de l’abbé François Berthod, professeur au séminaire de Zaiztkofen (Allemagne), ce Suisse valaisan fut un catholique indéfectiblement attaché à la Tradition qu’il défendit avec brio sous le pseudonyme de Rembarre, d’abord dans le quotidien Le Nouvelliste du Valais, puis sur le site Internet estoc.ch. Père de sept enfants, il fut professeur à Orsières où il résidait, et préfet du district d’Entremont de 1993 à 2002. 

Dans un bel hommage publié par Le Rocher, le bulletin romand de la Fraternité Saint-Pie X en Suisse, l’abbé Claude Pellouchoud cite les réponses de René Berthod à un journaliste qui l’interrogeait sur son pseudonyme : « Rembarre c’est un nom de plume. Je l’ai choisi parce qu’il était le cri de guerre des Chouans qui luttaient contre les armées de la Révolution. Il a aussi une parenté avec le verbe “rembarrer” qui signifie “repousser”. Repousser au loin l’ennemi ; c’était la devise du bataillon que je commandais, le bataillon 204 ».

A la question de savoir si, pour lui, le stylo et le fusil sont au service d’un même combat, René Berthod réplique : « Laissez-moi vous dire que dans le combat des idées, ce qui peut nous arriver de plus grave, c’est de nous complaire dans des confusions. Beaucoup de malaises proviennent du seul fait que nous ne faisons pas les distinctions nécessaires. Lorsque je fais du service militaire (périodes militaires obligatoires en Suisse. NDLR), c’est à l’envahisseur potentiel que je fais référence. Lorsque j’écris, c’est aux erreurs, aux idées fausses que je déclare la guerre. » Et de livrer cette véritable profession de foi : « Ma force, c’est l’acceptation de tout ce que j’ai reçu. Cela me donne la certitude de rester fidèle. Au fond, ma force, c’est de ne rien inventer. »

En écho à cette belle déclaration de fidélité, dans l’homélie pour les obsèques de son père, l’abbé François Berthod rappela un point important : « C’est une chose dont il n’a peut-être pas beaucoup parlé, sur laquelle il a peu écrit, mais qu’il a, je pense, fidèlement mise en œuvre dans ses différentes charges. C’était le respect de l’autorité. Le respect non seulement de son autorité propre, des fonctions qui lui étaient confiées, mais aussi de l’autorité des autres. (...) Il avait conscience que (...) c’est Dieu qui a fait l’homme animal politique, c’est Dieu qui a fait l’homme social. Et toute autorité dans la société vient de lui. Notre Seigneur a défendu ce point devant Pilate. (...)

« Et c’est par respect pour cette autorité, pour les comptes aussi qu’il allait devoir rendre, qu’il a rendus maintenant, à Dieu, de l’utilisation, de la gestion qu’il a faite de cette autorité ; c’est par conscience de son origine divine, qu’il savait ne pas transiger sur les questions qui ne sont pas discutables : il y a une loi de nature, il y a des commandements de Dieu, il y a des vérités éternelles. On les admet ou on ne les admet pas. Mais quand on y croit, on les respecte, on les admet comme une émanation, une expression de la perfection divine, qui est donnée par Dieu aux hommes, par amour, pour leur bien, et on s’y tient même dans l’adversité. » 
Le Rocher – Noviciat Sainte-Thérèse de l’E.-.J. – La Combe 22 – CH-1922 Salvan – Téléphone : + 41 (0)27 761 21 40 – Courriel : rocher@fsspx.ch – Offrande libre - Télécharger ici le numéro

[Wigratzbad (blog) - FSSP] Rentrée

SOURCE - Wigratzbad (blog) - FSSP - 20 septembre 2017

Après un été consacré à l'apostolat puis à un repos bien mérité, nos séminaristes ont repris le chemin de Wigratzbad. Pour une bonne partie d'entre eux, les retrouvailles ont eu lieu le samedi 16 septembre à Paray-le-Monial, là où Notre Seigneur est apparu à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, pour l'encourager à répandre la dévotion à son Coeur sacré. 

Entre 1673 et 1675 eurent lieu les « Grandes apparitions » au cours desquelles Jésus souligna son amour pour tous les hommes, mais en déplorant leur froideur et leur ingratitude, tout spécialement envers sa présence eucharistique.

"Voici ce Coeur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi".

Cette dernière phrase doit impressionner et émouvoir tout prêtre ou séminariste, et c'est donc pour réparer notre tiédeur que nous avons accompli notre pèlerinage, de Lugny-lès-Charolles à Paray-le-Monial. Avec de nombreux fidèles venus de toute la région, nous avons prié spécialement pour les familles et les vocations, puis la journée s'est achevée par une messe solennelle célébrée par l'abbé Arnaud Renard dans la chapelle des apparitions.

Le lendemain, dimanche 17 septembre, nous avons retrouvé le séminaire, après une halte fraternelle dans notre apostolat de Chalon-sur-Saône, où nous avons chanté la messe dans l'église Saint-Pierre, puis rencontré nos deux prêtres et les fidèles lors d'un dernier déjeuner sur le sol français...

[Ennemond - Le Forum Catholique] Messes de la FSSPX dans les basiliques romaines

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 21 septembre

Après le pèlerinage de Fatima du mois d'août, les prêtres de la FSSPX d'Amérique du Sud ont emmené leurs fidèles à Rome et San Giovanni Rotondo où ils ont pu célébrer chaque jour dans les différentes basiliques et églises, parfois en présence de prêtres et fidèles locaux attirés par la liturgie et la ferveur.

Le 25 août en l'église San Pietro in Montorio


Le 26 août en la basilique Saint-Sébastien hors les Murs


Le 27 août en l'église San Salvatore in Lauro


Le 28 août en la basilique Sainte-Praxède


Le 29 août en la basilique Saint-Laurent hors les Murs

Le 30 août en la basilique Saint-Marc

A San Giovanni Rotondo, en présence de Mgr Rodolfo Laise

20 septembre 2017

[Peregrinus - Le Forum Catholique] "Tout changement dans notre culte devrait être profondément médité" (avis d'un évêque constitutionnel sous la Révolution)

SOURCE - Peregrinus - Le Forum Catholique - 20 septembre 2017


L'avis d'un évêque constitutionnel sous la Révolution 
Voyez les versions de la Bible chez les protestants. Sans cesse ils sont obligés d’y retoucher, et chaque nouveau traducteur met du sien. Aussi combien ne diffèrent point entre elles les Bibles luthériennes, calvinistes, sociniennes, anglicanes, etc. Les liturgies de ces différentes sectes ne se ressemblent pas davantage et ne demandent pas moins souvent d’être retouchées : aussi, dès qu’un protestant est hors de son pays, il ne peut plus participer au culte public. Un catholique, au contraire, n’est dépaysé dans aucune des contrées de l’Eglise latine. 
Si les Grecs et les Latins n’avaient eu qu’une même langue, croyez-vous qu’il eût été aussi facile à Photius et à ses adhérents d’entraîner toute l’Eglise grecque dans le schisme, en attribuant à l’Eglise latine des erreurs et des abus dont elle ne fut jamais coupable? 
Je vous le dis franchement, je viens d’examiner de nouveau les raisons pour et contre ce système. Les premières ne m’offrent que quelques petits avantages spécieux ; les secondes présentent des inconvénients réels, nombreux, effrayants. Dans la jeunesse, où l’on doute peu, j’étais pour les traductions ; aujourd’hui, je rougis d’avoir été séduit par des apparences si mensongères. Tout changement dans notre culte devrait être profondément médité, ne fût-ce que par respect pour nos pères. Des chimères, la plus dangereuse peut-être, c’est celle du « parfaitisme ». Rien ne lui résiste. Par quelles erreurs ou quelles folies d’abord, et ensuite par quels crimes, par quelles horreurs n’a-t-elle pas souillé notre révolution ? Ne nous exposons point à mériter les mêmes reproches que nous sommes fondés à faire à nos orgueilleux philosophes. Défions-nous de l’épouvantable manie de tout innover. Comme le dit un penseur moderne, n’ayons pas une confiance crédule aux figures tracées par la théorie, ni un mépris inconsidéré pour les réalités gravées par l’expérience. 
Lettre de Claude Le Coz, évêque métropolitain de Rennes, à Henri Grégoire, évêque de Blois (nivôse an VII), citée dans Ferdinand Brunot, « Le culte catholique en français sous la Révolution », dans Annales historiques de la Révolution française, t. II, 1925, p. 221.